Trois semaines au Pérou (3/6)- le canyon Colca et le lac Titicaca

Encore un truc que j’attendais avec impatience, mais encore plus. Toujours plus, haha. Après trois heures de bus, nous sommes arrivées sur un tout petit parking de terre qui s’est trouvée être la gare routière de Chivay. Bienvenue au…
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∇ CANYON COLCA ∇

 

La gare routière consiste en un grand parking de terre et un petit hangar, remplis de femmes proposant une chambre pour pas cher ; on s’est vite laissées convaincre par la gentillesse de l’une d’entre elles et sa chambre double à 20 soles.

On la suit donc jusqu’à son gîte, le temps pour moi de cracher mes poumons (ah oui tiens, on est à 3600m d’altitude) et de pratiquer un peu mon espagnol. La bonne nouvelle, c’est que je m’en sors bien. La mauvaise, c’est que je m’en sors suffisamment bien pour comprendre que j’ai l’air assez vieille pour passer pour la mère de ma copine Ienny. Ou pour sa meuf, à croire que voyager entre amies est rare ici.

Le village de Chivay est vraiment tout petit, à moitié en travaux et, disons-le, très très mort en basse saison. Alors après avoir mangé et auto-diagnostiqué un début de mal des montagnes pour ma poire, on jette nos maillots de bain dans un sac, on jette le sac dans un collectivo, direction les fabuleuses sources chaudes de Chivay.
Puis on se jette dans les bains.

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Sur la route entre Arequipa et Chivay, des tonnes d’alpagas et de vicuñas. Et une jolie vue.

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Franchement, un des trucs cool au Pérou, c’est toutes ces sources chaudes bienfaitrices qu’on croise un peu partout pour pas très cher. L’entrée de celles de Chivay coûte 10 soles, plus 1 sol de transport. Et on y est tranquilles, personne à l’horizon ou presque. L’avantage de voyager hors saison et d’avoir choisi Chivay plutôt que Cabanaconde.

Il faut savoir que le Canyon Colca fait partie des grandes attractions touristiques du coin : des treks descendent jusque dans une oasis pour passer la nuit là-bas et remontent le lendemain. Ils partent pour la plupart d’un village nommé Cabanaconde, bien plus loin dans le canyon (Chivay se situe juste à son commencement). L’accès y est plus compliqué et les logements plus chers, mais comme nous (enfin, moi) n’avons pas la santé adéquate pour ce genre de marche, nous avons choisi Chivay comme point d’ancrage pour aller simplement observer les condors avant de poursuivre notre route. Et on ne le regrette pas, c’est une étape rafraîchissante (en plus il y a un Irish Pub sur la place principale).

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C’EST DONC TOUT NATURELLEMENT QU’ON S’EST LEVÉES À 3H30 DU MATIN.
Pour chopper le seul bus vers la Cruz del Condor, à 2h de là.
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Enfin, le seul bus « normal », parce qu’on ne voulait pas se taper un bus touristique dix fois plus cher et arriver en même temps que les hordes de gens. Alors on a sorti le kit du bon masochiste, on a mis le réveil à 3h, à 3h30 on était dans le bus rempli de locaux parlant essentiellement quechua, et à 5h40, on nous a larguées à la Cruz del Condor.

Et là, c’était, genre, l’énorme moment de solitude.

Parce qu’il faisait nuit, qu’il n’y avait personne et qu’il faisait très froid.
Vraiment très froid. Et toutes les couches de vêtements, écharpes et serviettes sorties des sacs n’ont pas suffi.

FROID, vous dis-je.

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Mais au bout d’un (très long) moment, le soleil a fini par arriver et on a commencé à se dire que se réveiller à 3h n’était peut-être pas si con. Observer l’aube se lever sur le Canyon Colca, ça se mérite mais ça en vaut la peine. Surtout qu’on était toujours seules.

 

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Les premiers condors ont pointé leur nez aux alentours de 7h30.
Et c’était du genre magique.

 

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Quelqu’un a fait un snap avec Simon and Garfunkel en fond, mais je dirai pas qui c’est.

 

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Après cette matinée merveilleuse, retour à Chivay où on négocie un petit bus vide pour faire le trajet jusqu’à Puno, sur les rives du…

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∇ LAC TITICACA ∇
Caca. Pfrt.

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Mais d’abord, un petit intermède photographique pour plonger au cœur des beaux paysages qu’on a croisés. On est passées par l’un des cols les plus hauts du monde, à près de 5000m d’altitude, y avait de la neige et tout (le Pérou est en zone équatoriale, donc.)

 

Après une journée à Puno, on a fini par embarquer pour un tour de deux jours sur les îles du lac. Au programme, les îles flottantes Uros, l’île Amantani avec nuit chez l’habitant et l’île Taquile.

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Dans le genre folklorique, les îles Uros sont de parfaits attrape-touriste. Tout y est fait pour faire cracher sa thune, on met même à contribution les plus jeunes enfants, le tout dans une joyeuse ambiance très… comment dire, vous avez vu le film Safari, avec Kad Merad ? Vous avez tort, il est marrant. Dans ce film, notamment, une tribu africaine retirée du monde s’avère être une troupe d’acteurs avec des caleçons Calvin Klein. Voilà. Ben là, pareil.

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Les « indigènes » des îles Uros, en tenue traditionnelle et jogging Ethiad Airlines, nous expliquent comment flottent les îles.

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Enfin, ne soyons pas mauvaise langue, c’était quand même sympa à voir.

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Ensuite, direction l’île Amantani, à deux ou trois heures de bateau de là (le lac est grand, le bateau petit et vieux), pour un rendez-vous en terre inconnue ou presque, puisqu’on y a dormi chez l’habitant.
Et l’habitant, là-bas, vit dans des maisons en terre battue et en bois, sans eau courante, avec de l’électricité 2h par jour, s’habille en tenue traditionnelle, cultive des patates, élève des moutons et parle quechua. Dans le genre dépaysant, ça se pose là. Mais c’est carrément l’un de mes meilleurs souvenirs.

Sur place, après avoir été répartis dans nos familles d’accueil, nous sommes montées au temple de Pachatata, a 4100m d’altitude, pour voir le coucher de soleil. C’était très beau, vraiment, j’ai craché l’intégralité de ma cage thoracique en route mais ça en valait la peine. Et on est redescendues.
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DU RIRE EN BARRES.

Et là, ce fut le drame, et toutes les feuilles de coca et de muña du monde n’y ont rien fait : mal de l’altitude. Alors le soir, après avoir revêtu la tenue traditionnelle à notre tour (DU RIRE EN BARRES), je me suis posée comme une vieille mémé au lieu de danser au son de la flûte de pan et du tambour, à l’instar des autres qui ont bien kiffé faire la chenille péruvienne.
Franchement, c’était carrément un autre monde. Mais putain comme c’était bien.
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Le lendemain, direction l’île de Taquile, juste à côté, où il a fallu, guess what, GRIMPER DES CHEMINS RAIDES. J’ai mis le double du temps prévu pour atteindre la place, mais la vue a vite fait oublier tout ça, et la truite fraîchement pêchée le midi encore plus.
Sur cette île, pour continuer dans le dépaysement, on a mangé chez l’habitant, une famille très sympa qui nous a gratifiés de nombreuses explications à propos de leur mode de vie et de leur culture. Entre la danse de la moisson et le thé de coca, on a notamment appris qu’un homme ne sachant pas tricoter n’était pas bon à marier. Eh ouais.

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Et puis il a bien fallu rentrer à Puno, pour chopper le bus de nuit en direction de Cusco. La suite au prochain épisode, mouahaha.

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À savoir :

  • Pour relier Arequipa à Chivay, nous avons pris la compagnie Reyna, réputée pour être la meilleure des trois offrant la jonction. Son gros avantage, c’est qu’elle n’est pas chère (le ticket de bus nous a coûté dans les 3€), son inconvénient, c’est que les bus sont si vieux qu’on croit mourir asphyxiées par les gaz d’échappement. Comme un peu tous les véhicules péruviens j’ai l’impression.
  • De nombreux tour opérateurs offrent des visites des îles du lac Titicaca un peu partout dans Puno et comme partout au Pérou, quelle que soit l’agence, les prix sont négociables. Personnellement, après nous être renseignées auprès de guides de Taquile, on a choisi de passer par une agence du centre ville qui proposait un forfait pour le tour des îles + le bus vers Cusco + la garde de nos gros sacs à dos.
  • Si vous n’avez pas le souffle pour grimper aux temples sur Amantani, sincèrement, ne faites pas comme moi : ne forcez pas. Parce qu’en plus de potentiellement vous tuer, le mal des montagnes vous rendra malade et risque bien de gâcher le reste de la journée et les jours suivants. Les habitants le savent très bien et les chemins sont sillonnés de chevaux pour aider les gens en difficultés. C’est un peu la honte, mais en fait on s’en fout.

 

 

 

 

 

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