Pourquoi s’auto-éditer ?

Longtemps mal vue, l’auto-édition gagne petit à petit en crédibilité, notamment parce que les personnes choisissant cette voie le font pour des raisons différentes du « aucun éditeur n’a voulu de mon futur best-seller et c’est scandaleux » auquel on pense inconsciemment. La vérité, c’est que l’auto-édition représente une alternative très intéressante à l’édition « classique » quand on sait s’y prendre, et voici pourquoi.

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1 – Parce qu’on peut décider de tout.

Quand on part pour la grande aventure de l’édition, on a toujours peur que l’éditeur nous demande de supprimer des passages entiers de notre roman (à tort ou à raison, peu importe, ça heurte notre petit cœur d’auteur, avouons-le), d’en changer le titre, et nous laisse rarement le choix de la couverture du roman.
Avec l’auto-édition, on a le contrôle sur tout ça. On peut contacter l’illustrateur de ses rêves et appeler son roman Les Fantasmabuleuses Aventures de la Nouille Cosmique en Slip si on en a envie, personne n’aura rien à y redire, c’est notre livre, on fait ce qu’on en veut.

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2 – Parce qu’on peut en faire plus qu’un simple livre.

En tant que lecteurs, nous sommes nombreux à être très attachés à l’objet livre. En tant qu’auteur, nous sommes certainement encore plus nombreux à rêver de voir notre univers aller au-delà du simple livre en créant des bonus, des produits dérivés… qu’un éditeur ne serait pas en mesure de fournir (il n’accordera jamais un budget énorme à une première publication, même en étant la future Rowling). Et dans le cas de l’édition à compte d’éditeur, hormis dans de rares cas, les auteurs n’ont pas la liberté de faire ce qu’ils veulent de leur côté, vu qu’ils ont cédé les droits relatifs à leur roman à leur éditeur.

Quand on s’auto-édite, on investit son propre argent et on a de comptes à rendre qu’à nous-mêmes. Si on a envie de prendre des risques et de faire imprimer la carte de son monde sur un énoooorme et véritable parchemin, de publier une encyclopédie de son univers ou de fabriquer des figurines de ses personnages, voire des bijoux tirés du roman, d’enregistrer la BO ou de publier un artbook, tant qu’on en a les moyens, on peut !
Et ça, c’est quand même monstrueusement cool.

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3 – Parce qu’on peut offrir une plus longue durée de vie à son livre.

On n’y pense pas souvent, mais énormément de livres sortent chaque année en France et la concurrence est rude. Aujourd’hui, la durée de vie d’un livre n’a de cesse de raccourcir ; un livre a deux mois pour faire ses preuves, d’après Le Point. Après quoi, si les ventes ne sont pas satisfaisantes, les libraires s’en débarrasseront pour laisser la place aux nouvelles publications. Ça fait mal au cœur, et c’est une désillusion courante chez les jeunes auteurs, qui n’appréhendent pas souvent cette problématique…
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…alors qu’en s’auto-éditant, on s’en fout ! Les (rares) libraires qui ont accepté notre roman nous en retournent des exemplaires invendus ? Aucun problème, on n’aura qu’à les remettre dans notre stock et à les vendre par d’autres canaux de diffusion.
Ce qui est vraiment bien avec l’auto-édition, c’est qu’on est son propre patron, on est liiiibre et si on met cinq ans à écouler les 300 exemplaires de son roman, du moment qu’on en a la volonté, personne ne peut nous en empêcher.

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4 – Parce qu’on gagne plus d’argent.

Un auteur publié à compte d’éditeur touche en moyenne 10% sur les ventes, ce qui peut sembler peu quand on sait que l’auteur est à l’origine même du livre. En cause, tous les intermédiaires participant à la création de l’objet-livre : le correcteur, le graphiste (parfois payé en pourcentage, parfois pas), l’imprimeur, le distributeur, l’éditeur, les libraires…
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Quand on est auteur indépendant, on est son propre éditeur, son propre agent, son propre distributeur, etc. À part l’imprimeur sur lequel il est impossible de faire l’impasse (et le correcteur, c’est bien aussi), les autres intermédiaires disparaissent, et tout l’argent censé revenir à ces gens vont directement dans notre poche à nous.
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En admettant qu’on ait écrit un bon livre, qu’on ait réussi à bien soigner son édition et qu’on arrive à bien le vendre, on peut gentiment arrondir ses fins de mois. De là à en vivre, aucune idée, sans doute.

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5 – Parce qu’on est plus libre, tout simplement !

Je l’évoquais un peu plus haut, mais quand on se fait éditer à compte d’éditeur (ou d’auteur), on cède ses droits sur son livre, et a fortiori sur tous les produits dérivés qui pourraient être créés. Ce qui veut dire que si on a envie de demander à un illustrateur de dessiner des posters de ses personnages, il faudra forcément l’accord de l’éditeur et, parfois, lui reverser des royalties dessus. Et si l’éditeur ne veut pas de tout ça, il pourra même vous interdire d’officiellement lier ces créations à sa publication. Pas cool, mais c’est comme ça.
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De même, on a tous déjà entendu parler de certains soucis liés à des éditeurs peu scrupuleux, d’un auteur qui galère pour récupérer ses droits car l’éditeur ne veut pas laisser partir sa poule aux œufs d’or, ce genre de choses… On en a eu un très bon exemple avec la série Kaamelott, pour laquelle Alexandre Astier a dû se battre afin de pouvoir faire ce qu’il voulait de sa propre création (!)
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Avec l’auto-édition, on fait ce qu’on veut, uniquement ce qu’on veut, et pouet aux soucis de cession de droits patrimoniaux. Et ça, pour beaucoup d’auteurs qui ont eu des soucis avec leurs éditeurs, ça représente un vrai intérêt.

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Cependant, l’auto-édition possède bien évidemment ses côtés négatifs, qu’il vaut mieux ne pas négliger avant de se lancer tête baissée dans ce processus.

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1 – Ça coûte cher.

Bien qu’il existe aujourd’hui des solutions d’impression à la demande, comme Lulu.com, auto-éditer son roman coûte cher. À moins d’être compétent dans tous les domaines (ou absolument tenir à tout faire soi-même) il faudra nécessairement payer quelqu’un pour corriger son texte, quelqu’un pour le mettre en page, quelqu’un pour en faire la couverture, quelqu’un pour l’imprimer… tout ça pouvant facilement atteindre des sommes à quatre chiffres.

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2 – Ça demande un sacré paquet d’énergie.

Terminer un roman, c’est déjà relativement fatiguant. Le relire, le réécrire, le mettre en page, envoyer plein de demandes de devis, attendre, préparer les fichiers pour l’impression, créer un blog, un site ou une page facebook, créer et gérer sa société, envoyer les livres commandés, se déplacer en salon… c’est franchement épuisant. Pour peu qu’on travaille à côté, qu’on ait une famille, ça peut très vite devenir intenable.

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3 – Nous ne sommes pas éditeurs

Même avec toute la bonne volonté du monde, à moins d’avoir fait les études appropriées et d’avoir un petit peu d’expérience, nous ne sommes pas éditeurs. On a beau écrire depuis des années, bêta-lire nos copines, chroniquer des tonnes de livres ou quoi, le travail éditorial est quelque chose qui s’apprend et nous n’avons pas forcément les compétences adéquates pour réussir à retravailler un livre avec la précision qu’un éditeur pourrait avoir (enfin, certains éditeurs, hein). Et surtout pas le nôtre.

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4 – C’est encore mal vu

À cause de l’amateurisme qui caractérise bon nombre de publications de ce type, l’auto-édition est encore un peu considérée comme une « sous édition ». C’est mal écrit, mal foutu, bourré de fautes, nul, caca. Pour certains, l’auto-édition est également réservée aux mauvais auteurs, à ceux qui n’ont jamais réussi à trouver d’éditeur… bref, quand on s’auto-édite, on est très vite catalogué et on a un peu l’impression de devoir sans cesse justifier son choix. Ce qui, entre nous, est quand même stupide ; chacun est libre de faire ce qu’il veut.

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En définitive, l’auto-édition, quoi qu’on en pense, reste de l’édition, avec ses défauts, mais surtout avec ses qualités. Il serait dommage de juger trop vite un auteur parce qu’il n’a pas été publié par la sacro-sainte maison d’édition, quand on sait toute la liberté que l’auto-édition laisse.

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Pour aller plus loin :

Le grand cimetière des livres, Le Point, juillet 2008
La durée de vie d’un livre édité à compte d’éditeur, Le Guichet du Savoir, août 2010
Conseils pour l’auto-édition
Le budget de l’auto-édition, Mécanismes d’histoires, mai 2016

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