De l’utilité d’écrire des scènes annexes à son roman

One shot, scène coupée, scène annexe, bonus… il existe de nombreux termes pour désigner un texte inédit en rapport avec son roman, mais qui ne peut cependant pas être inclus dans la trame d’origine. Je n’ai pas pour prétention de vous apprendre à écrire des scènes annexes, ça serait comme vous apprendre à écrire et, a priori, vous savez déjà faire. Je vais simplement, ici, vous donner quelques pistes, des idées, et des bonnes raisons pour vous adonner à cet exercice aussi distrayant que bénéfique.

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• À quoi ça sert ?

Vous savez, quand on écrit un roman, on crée souvent une multitude de personnages qui, dans notre tête, ont des vies fascinantes qui méritent toutes d’être racontées. Mais afin de de ne pas se disperser et de desservir le roman, il nous faut faire un choix niveau narration. Que va-t-on raconter ? Le passé, aussi intéressant soit-il, de Félix le cuisinier du restaurant auquel va souvent manger votre héroïne n’est peut-être pas vraiment utile à l’action, et va sans doute l’alourdir.
Alors, pas le choix, on doit couper.

Et c’est là, à mon sens, le premier rôle des textes inédits rattachés à votre roman : développer les personnages comme on le désire, sans pour autant pénaliser le roman. Et si vous avez besoin d’un exemple, je citerai ni plus ni moins que J.K. Rowling. Par l’intermédiaire de Pottermore, elle nous livre d’extraordinaires anecdotes sur des personnages qu’elle ne pouvait pas se permettre de développer dans la saga Harry Potter. C’est ainsi qu’on en apprend davantage sur McGonagall, la rencontre des Dursley… Et l’auteur est même allée encore plus loin, puisqu’elle a publié trois livres cités dans la saga, à savoir Le Quidditch à travers les âges, Les Animaux Fantastiques et Les Contes de Beedle le Barde. Autant de textes inédits qui enrichissent son monde sans noyer l’histoire d’origine.

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C’est également un moyen qu’affectionnent beaucoup les auteurs pour ne pas quitter trop brutalement leurs personnages lorsqu’ils terminent un roman. Écrire des scènes bonus, telles que des interviews (coucou Pierre Bottero), des mises en situation particulières ou autres permet de prolonger un peu le temps passé aux côtés de nos héros de papier, parfois devenus si réels qu’il est difficile de les quitter.

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D’un point de vue pratique, les scènes annexes s’avèrent très utiles pour faire patienter ses lecteurs, lorsque l’on publie sur internet et que le temps entre deux chapitres s’allonge. Une anecdote rigolote tout droit sortie du passé d’un héros fait des miracles, en terme de liens entre les lecteurs et les personnages. Tout le monde aime pénétrer dans les coulisses, surtout s’il s’agit de choses que vos personnages cherchent à cacher.

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Enfin, écrire des scènes annexes peut aider à se débloquer. Il arrive qu’on sature de son histoire, ou qu’on soit face à un nœud qui nous donne beaucoup de fil à retordre, au point que l’on passe des semaines, voire des mois sans avancer d’une seule phrase. De quoi s’éloigner sensiblement de son univers et de ses personnages… et c’est là que les textes inédits entrent en jeu.
Vos héros vous cassent les pieds ? Pas de problème, imaginez-les transposés à une autre époque, dans un autre genre, et écrivez ce qui vous passe par la tête ! Ou opérez un retour en arrière pour découvrir quelques tranches de vies qui permettront de vous immiscer toujours plus loin dans la psychologie de vos personnages, par conséquent de mieux les connaître et donc de relancer la machine. Testé et approuvé.

Sinon, on peut simplement en écrire pour se marrer. Mais si. Imaginez un instant que vos personnages échangent de caractère, voire de sexe, ça donne quoi, hm ?

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• On écrit quoi alors ?

Les possibilités sont infinies, la seule limite étant votre imagination. Vous pouvez rester fidèle à votre univers en réécrivant des chapitres du point de vue d’un autre personnage, si la narration est interne. Des « scènes coupées » qui ne peuvent pas être intégrées à la trame de votre roman mais qui se déroulent au moment où se passe votre histoire. Des morceaux du passé de personnages secondaires, voire tertiaires. Des one shots humoristiques sur des situations cocasses, comme, admettons, une scène de combat où les adversaires finissent par se retrouver nus et couverts de sang, chose qui n’arriverait jamais en temps normal…

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Ou alors vous pouvez laisser libre cours à votre folie et partir dans tous les sens, en écrivant par exemple des crossovers avec vos autres histoires ou celles de copains/copines. En transposant votre histoire dans un genre différent (passer de la fantasy moyenâgeuse au space opera par exemple). En imaginant vos héros à une autre époque, passée ou future. En intervertissant leurs genres, ou encore en se disant « et si à ce moment-là, il/elle avait fait ça… »

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Bref, écrire une scène annexe, c’est pas bien compliqué, c’est amusant, c’est thérapeutique, et en plus c’est garanti sans arômes artificiels. Vous n’avez aucune raison de ne pas essayer ou de ne pas trouver d’idées.

Personnellement, j’affectionne particulièrement les histoires dérivées de l’histoire principale, les spin off : prendre un personnage secondaire et raconter sa vie, lui créer une aventure au moins aussi incroyable que celle de votre héros d’origine. C’est ce qu’a fait J.K.Rowling très récemment avec Les Animaux Fantastiques, et il faut avouer que c’est super réussi, non ?

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