La Dernière Fée de Bourbon, d’Ophélie Bruneau – Éditions du Chat Noir

J’ai eu l’occasion de rencontrer Ophélie Bruneau lors du salon des Aventuriales de Ménétrol, en septembre dernier. Assise derrière le stand des éditions du Chat Noir, juste en face de celui de Génération Écriture, derrière lequel j’étais moi-même installée, j’ai eu tout l’occasion de loucher sur ses romans, et particulièrement sur cette couverture magnifique aux couleurs douces et mystérieuses.
Et finalement, ce n’est pas moi, mais copine Ielenna qui a fait l’acquisition de la Dernière Fée de Bourbon, question finances niania. C’est à l’occasion de mon séjour chez elle, en décembre, que je me suis plongée dans les pages de ce livre.

La première chose que je tiens à dire, c’est que je regrette de ne pas l’avoir acheté, et que je compte bien réparer cette erreur dès que je re-croise son auteur. Ma bibliothèque le réclame. Et dédicacé, merci.
Voici donc, pour toi public, mon avis sur la Dernière fée de Bourbon paru aux éditions du Chat Noir.

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La Dernière Fée de Bourbon est une uchronie se déroulant dans l’archipel mascareignes en 1873. Les diwas, des esprits de la nature, cohabitent avec la population locale malgré les croyances religieuses très ancrées qui les font passer pour des créatures démoniaques.
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« Lisha Payet, retirée toute petite à sa famille, a grandi sur l’île Maurice voisine. Quatorze ans plus tard, elle revient à Bourbon pour y devenir une parfaite épouse victorienne, sous l’œil critique de la bonne société saint-pauloise.
C’est sans compter le conflit qui éclate sur l’île. Prise malgré elle dans ce soulèvement, Lisha devra choisir son camp. Famille adoptive ou liens du sang ? Obéissance ou transgression ? Ami d’enfance ou officier à la beauté troublante ? Si encore elle ne jouait que sa propre vie ! Mais l’île Bourbon, à travers sa dernière fée, lui a confié son destin et celui de toutes les créatures qui l’habitent.
Du battant des lames au sommet des montagnes, Lisha en apprendra plus qu’elle ne l’aurait souhaité sur les diwas, les hommes et sur elle-même. »
 
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L’histoire est entraînante, on est happé dès les premières lignes : le livre s’ouvre en effet sur une haletante chasse aux diwas, dont on n’entendra plus reparler avant un moment, qui nous remplit la tête d’interrogations, au point que la chose la plus importante à faire semble être d’en trouver les réponses là, maintenant, tout de suite.
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L’héroïne, Lisha, est une jeune femme de 17 ans très attachante et touchante, à laquelle il est aisé de s’identifier malgré son éducation qui lui ôte toute velléité de féminisme. En même temps, à l’époque victorienne, les mentalités n’étaient pas les mêmes et il faut rester cohérent. Mais, heureusement, Lisha est entourée de femmes fortes qui se battent pour leurs idées et de quelques hommes ouverts d’esprit, apportant au roman la touche moderne qu’il manquait.
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Pour moi, c’est là la première réussite de La dernière fée de Bourbon : tout au long du roman, on suit l’évolution de Lisha, on la voit grandir, passer d’une gamine de 17 ans, influençable, mariée de force et trop tôt, à une femme indépendante capable de se forger sa propre opinion et, aussi, de s’affranchir de la pression sociale.
On suit son éducation amoureuse, entre son mari qu’elle ne connaît pas dont elle est séparée avant même d’avoir pu se considérer comme une épouse, son ami d’enfance qu’elle ne laisse pas indifférent, et ce bel officier pour lequel elle nourrit une profonde attirance physique, mais dont la personnalité l’ennuie profondément.
Cette dimension sentimentale est selon moi, tout aussi importante que l’aspect politique, pourtant bien plus présent dans La dernière fée de Bourbon, car elle permet de comprendre et d’apprécier Lisha, là où on pourrait la considérer comme un personnage plat et peu intéressant du fait de ses réactions parfois passives.
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La seconde grande, immense réussite de ce roman, c’est l’incroyable message de tolérance et de respect qu’il fait passer. À travers la fameuse dernière fée de l’île Bourbon, nous découvrons la nature et sa fragilité, nous apprenons à ne plus craindre la différence et à apprivoiser nos craintes en même temps que Lisha. On ouvre les yeux sur la réalité humaine. Celle de cette île de la Réunion dans un passé différent, mais aussi sur la nôtre, à l’heure actuelle, dans notre présent bien à nous, avec tous les enjeux que l’on connaît.
Et on ressort de sa lecture avec un besoin urgent de sauver le monde et de porter ses convictions comme un étendard.
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Les personnages sont, quant à eux, relativement nombreux et finement dépeints, chacun avec une personnalité propre. Et en ce qui concerne le style ? il m’a immédiatement séduite. L’auteur possède une plume à la fois simple et élaborée, dynamique et poétique, dont on sent la maîtrise, qui emmène loin au cœur de l’action sans que ça devienne pompeux ou s’écoute parler ; sans que ça soit trop simple non plus. Une plume que j’ai adorée et qui porte à merveille l’histoire qu’elle nous raconte.
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Pour moi, c’est un coup de cœur indéniable, et un coup de cœur auquel j’étais loin de m’attendre.
Je recommande ce livre à… ben à tout le monde, tiens. Ce roman est une mine de, euh, de trucs cool, et chacun y trouvera forcément quelque chose à apprécier, si ce n’est pas le livre dans son intégralité.

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♦ Acheter le livre 
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