Mes carnets de voyage : L’Europe du Nord #3 : La Norvège

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Et puis il a bien fallu repartir.
Sous un radieux soleil et un vent étonnamment chaud après le froid de la veille (on avait même dû allumer le chauffage. Un 6 juillet, voui), on quitte le bout du monde, qui ressemblait quand même vaguement à la Lune tellement y a des pierres et c’est tout. On retrouve l’artisanat Samé par-ci par-là, le même que celui dont j’ai parlé dans l’article précédent. Avec les mêmes tenues traditionnelles et tout.
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Dans le genre de truc exotique trop chouette, je demande la faune ! Là-bas, les rennes se baladent librement, plus librement encore que les vaches chez nous puisque certains troupeaux sont encore en totale liberté. Bon, du coup, un renne ça a l’air gentil (l’albinisme est très développé chez cette espèce, y avait minimum un albinos par groupe, avec les bois roses, chou) (c’était l’instant culture, merci) mais on n’est pas allés jusqu’à descendre sur la route pour les pousser non plus.
Alors on a attendu et, comme le témoigne cette photo, on a pas été les seuls, haha.
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Des villages de pêcheurs de ce genre, on en croise plein. Enfin, plein, tout est relatif, hein ? On va dire qu’on commence à en croiser  quand la végétation daigne se monter à nouveau, même si c’est uniquement sous forme d’herbe (les arbres ça craint, wesh, Norway RPZ) On y a fait plusieurs escales et, comme il est encore tôt dans l’été et qu’on est toujours au nord du Cercle Polaire, le Soleil ne se couche pas. Le rythme de vie de ces villages est, de fait, assez chaotique et sans règle particulière : les gens partent pêcher aussi bien à 10h du matin qu’à minuit ou 2h. Y a que la petite épicerie qui conserve des horaires conventionnelles.
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Ah, un petit point culture pas intéressant mais si un peu quand même : en Norvège, tu peux être dans le bled de pêcheurs le plus paumé, tu y trouveras toujours de quoi acheter des hot dogs chauds. TOUJOURS. C’est assez incroyable d’ailleurs, même le petit machin qui sert d’alimentation dans le village de la photo avait un point « ils sont bons mes hot dogs ils sont chauds ! » Et pas cher, en plus.
Et copieux et bon.
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• 9 juillet – Arrêt à Tromsø

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Une ville plutôt grande, d’environ 54 000 habitants, surnommée le Paris du Nord (moi je l’aurais bien appelée Winterfell, mais bon). Plutôt sympathique, toujours sans trop d’arbres, soi-disant un spot d’observation des aurores boréales en hiver… vu la pollution lumineuse que ça doit faire, je suis pas certaine que ça soit l’endroit idéal mais bon (après quelques recherches, les internautes me donnent raison : y a mieux. Genre, au pif, le Cap Nord, où t’as zéro lumière à des kilomètres à la ronde)
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• 10 & 11 juillet – Andenes
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Et une excursion sur la route des cachalots, une ! Il ne faisait pas très beau, hormis lorsque cette photo a été prise, c’est marrant comme une photo peut fausser une impression, pas vrai ? Non non, en vrai il faisait gris, y avait un vent d’enfoiré et une houle qui a bien failli faire vomir ma soeur, sujette au mal de mer (et incapable d’avaler des comprimés, à l’époque).
L’une de nos guides parlait français, et en plus de tout ce qu’elle m’a raconté sur les habitudes sociales des cachalots, j’ai eu droit à une anecdote géniale lorsqu’on a vu un macareux courir/voler dans les vagues : lorsqu’ils se sont trop gavés de poisson, ma bonne dame, les macareux ne peuvent plus voler. Ils sont trop lourds pour pouvoir porter leur propre poids. Donc ils galèèèèèrent leur race. Certains meurent d’épuisement.
Penses-y, la prochaine fois que ton pot de nutella te nargue.

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• 12 juillet – Îles Lofoten.

Je sais pas toi, mais moi ce nom m’a toujours fait marrer. Maintenant il me fait plutôt sourire de nostalgie, parce que je crois bien que c’est l’un des endroits les plus beaux de la Norvège (avec Geiranger, tout ça tout ça.) Ce sont les îles les plus au nord, donc, à 300 km du Cercle Polaire. Un petit archipel sur lequel on arrive en prenant le bac.
Et quand on débarque…
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AAAAAAAAAAAAAAAH !
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LE FESTIVAL DE LA MORUE
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Ouais, ces espèces de lambeaux de peau qui pendent et s’étendent sur des champs entiers, c’est de la morue en train de sécher. Spécialité des îles, note, note, parce que TOUT est à base de morue séchée là-bas ou presque, et que, comment te dire, ça embaume un peu l’air.
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Artisanat local, très chère !

 

 
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Là encore, toutes les maisons et autres cabanes semblent tout droit sorties de JeuJura, avec des couleurs flashy trop chou qui donnent une ambiance euh… bah très nordique, quoi. Je vois pas quoi dire d’autre, pour moi les cabanes rouges avec les fenêtres blanches, c’est un peu un symbole des pays scandinaves.

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T’as vu c’est beau. Et toutes les îles sont sur le même modèle.
Pilotis inclus, ouais ouais, ils sont comme ça.

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• 14 juillet – Å
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Nan c’est pas une blague, y a vraiment un village, au bout des îles Lofoten, qui s’appelle Å. Ca se prononce à mi-chemin entre « Euh » et « Ah » et on y accède avec un petit bac, parce que comme j’ai précisé plus haut (mais comme t’as tout suivi j’ai théoriquement pas besoin de me répéter, honhonhon) nous sommes sur un archipel, et on était bien décidés à faire plusieurs îles.
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Pour ce 14 juillet c’était un peu sublime parce que Ô miracle, il a fait grand beau toute la journée ! (non, le temps n’était pas très chouette jusque là, depuis Tromsø il faisait gris) C’est donc avec un plaisir non dissimulé qu’on a pu assister à notre feu d’artifice scandinave, j’ai nommé : le Soleil de Minuit du 14 juillet ! Au côté d’autres Français. On se refait pas.
Et c’est con à dire, mais on a beau penser qu’on est pas chauvin, pas vraiment patriote, bah passer la fête nationale loin de son pays ça fait un truc.
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Et les couleurs ne sont pas retouchées, c’était vraiment comme ça.

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• 15 juillet – retour sur le continent

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Sous la flotte. Nan mais on a vraiment eu de la chatte la veille, y a pas à dire hein ? Bref, après avoir patienté pendant des plombes pour chopper le bac de 14h30, l’avoir loupé parce qu’il était plein, usé mes cd de Kyo et Evanescence (on était en 2004, y a prescription) (et j’écoute toujours Evanescence) pour ne pas avoir la migraine à cause de la pluie qui tambourine contre le toit du camping-car, on choppe de justesse le bac de 19h30 et zouuuu, on embarque pour 4h de transfert.
Et pendant ce temps… le soleil se lève (enfin, non il se couche sans se coucher, mais je veux dire, le beau temps revient, suis un peu, merde !) et on aperçoit un groupe de ♥ DAUPHINS ♥ au loin. Et encore plus près, magie, genre juste à côté du bateau, des ♥ MARSOUINS ♥
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• 16 juillet – passage du Cercle Polaire.

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BEUHEUHEUHEU.
Après avoir roulé toute la journée, on finit par passer le Cercle Polaire, disant au passage au revoir au Soleil de Minuit, qu’on ne peut observer que de l’autre côté. Il fait toujours jour 24h/24, mais cette fois, le Soleil disparaît un moment derrière l’horizon.
Halte à Trondheim, la troisième plus grande ville de Norvège — à savoir qu’elle est grande comme, hm… même pas comme La Rochelle, en fait. Les Norvégiens sont cinq millions, nous 70, donc la gueule de leur troisième plus grande ville, tu penses bien que c’est pas trop à notre échelle. Ca fait quand même un choc après le calme des îles, mais c’est bien sympa de retrouver les délicieuses pizzas de la chaîne Pepper’s pizza. ELLES SONT DELICIEUSES CES PIZZAS. Voilà.
Si tu vas là-bas, goûte. Mais oui on s’en fout que ça soit pas typique.
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• 18 juillet – Trollstigen

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La route des Trolls, ou encore la ROUTE DES ENFERS DE TA RACE SA MÈRE LA P*TE. Voilà. Alors cette route, elle te dit ptet quelque chose, les constructeurs de voiture kiffent tourner leurs pubs ici à cause des virages de malade.
Cette route de taré se situe dans une vallée très étroite, entourée de montagnes immenses découpées au cutter (les légendes disent même qu’il s’agit de trolls pétrifiés, et c’est vrai que ça y ressemble un peu. Non mais faut se mettre dans l’ambiance pour les voir). Et là, ça se voit pas, mais cette route est triplement une route de gros vicelard parce que :
  1. Deux voitures ne se croisent pas. La preuve avec le petit kangoo en bas à gauche de la photo. Il y a donc, à intervalles réguliers, de petits élargissements ridicules. On était en camping car. ON A CROISÉ UN BUS. Ma mère était folle. Moi aussi. Je sais pas comment a fait mon père.
  2. Elle est hyper raide. Genre, on a dû faire deux haltes, lorsque les « parkings » étaient assez larges, parce que nos freins fumaient. Une route de vicieux, j’te dis.
  3. Y a pas de barrières. Enfin si, y a des petits murets, mais comment te dire que c’est pas un truc haut de même pas 50cm qui va me rassurer alors que de l’autre côté c’est genre LE VIDE ?

On était tellement soulagés d’arriver en haut que WHOUHOU, hot dog pour tout le monde dans une cabane décorée façon viking ! Artisanat troll en cadeau.
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Kitsch. Et flippant. Celui à gauche là, avec son regard caméra.

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On est restés dormir sur place, vent et pluie bonjouuur, et le lendemain, grâce au grand soleil, on a pu accéder au promontoire qui surplombe les Enfers et prendre de belles photos qui donnent l’impression que, dis donc, on a eu un putain d’été ensoleillé !
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• 19 & 20 juillet – Fjord de Geiranger
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C’est le fjord le plus étroit de Norvège, avec le Nærøfjord, tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. On comprend pourquoi quand on y arrive.
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ET ZBAM DANS TA GUEULE LEVEL 100000.
Eaux d’un bleu turquoise foncé limpide, salée parce qu’un fjord c’est l’océan qui a creusé, fonds assez profonds pour laisser les énormes paquebots de croisière entrer, pfrrrrt maman. Et au bout, la ville de Geiranger, qui a donné son nom au fjord, et qui est, en soi, vraiment riquiqui.
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En plus de la grande beauté du lieu, c’est là-bas qu’on a découvert ces glaces si spéciales et délicieuses : des glaces à la crème, au yaourt ou je sais pas trop… qu’on peut recouvrir de vermicelles, de copeaux de chocolat et d’autres trucs. C’est comme des grosses glaces à l’italienne mais en format Viking. À côté de leurs machines, ils ont des boîtes remplies de « garniture », et une fois que t’as fait ton choix, VLAN, ils la foutent dedans et la roulent pour la recouvrir. Et c’est délicieux.

 

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Bon alors à Geiranger c’est clair qu’on pouvait pas y échapper, on a fait une visite en bateau. Cascades et paysages à couper le souffle, bonjour.
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Je t’ai pas encore dit à quel point on a pu randonner ? Non ? Ben je le dis. Tous les jours quand on s’arrêtait, on allait marcher quelques heures pour trouver les panoramas les plus improbables et flippants, tomber sur des rennes en liberté et cueillir des fleurs.
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Ca, par exemple. J’ai le vertige.

 

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Les seules églises dans lesquelles j’ai pu rentrer sans me sentir mal (ah oui, un autre truc chelou chez moi, j’aime pas les églises, c’est viscéral), on les croise un peu partout à mesure qu’on redescend vers le sud. Elles sont entièrement en bois et bon, tu la vois l’inspiration viking ou pas ?
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• 22 au 25 juillet – Bergen
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Comment te dire que Bergen, c’est une ville plutôt chouette ? Plutôt grande aussi, seconde ville de Norvège, et toujours avec ce style « nous vivons dans des cabanes de Playmobil ».  Les quais ressemblent véritablement à un décor de film (ou de Disneyland, au choix), surtout lors du marché aux poissons, où on peut goûter de la baleine. Ouais, les restrictions sur la pêche, ils s’en branlent un peu là-bas. Ma mère a goûté. J’ai pas pu. Même s’il paraît que ça ressemble à du très très bon steak.

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Le port de Bergen. Oui, c’est mignon.
Et un aperçu du marché aux poissons. Comment ça on ne voit
AUCUN poisson sur la photo ? Fallait pas le dire, c’était pour la couleur.
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Ce que je retiens de Bergen ? À part la baleine et la mignonceté ambiante ?
Les magasins de fringues à base de cuir, de fourrures et d’os de renne, l’aquarium trop cool, les menus gargantuesques du Mac Do (genre, un menu méga giga maxi best of, t’as tout en double, plus un troisième hamburger, et c’est même pas si cher), la PLUIE (Bergen est la ville la plus pluvieuse de Norvège, un peu comme Forks dans Twilight), le funiculaire qui nous a emmené sur les hauteurs de la ville, avant la descente à pied durant laquelle mon père s’est méchamment rétamé dans la boue.
Le restau chinois où on a tenté de mimer « nems » et où on a eu… euh. C’était pas un nem en tout cas.
L’aquaparc gigantesque avec des toboggans que j’avais encore jamais vus (ils avaient les mêmes en Suisse cet été, mais avant ça, jamais !), les douches à poil (j’étais pas préparée à ça), l’étonnante quantité de Français vivant sur place aussi, la vieille ville en bois, et la promesse de ma soeur de revenir travailler là-bas l’été, quand elle sera grande.
Chacha, si tu lis ça.
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Depuis le haut, Bergen c’est beau (hop, une rime gratuite)

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• 26 juillet – Oslo
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Après 350km de route (mais je faisais quoi pendant tout ce temps, je dormais ou… ?) nous arrivons dans notre camping à Oslo, à 30 minutes en bus du centre ville. Première étape, la visite du tremplin olympique !
Alors non, c’était pas mon idée, je suis restée prostrée tout le long, aussi bien dans l’ascenseur que dans la cabine, et d’ailleurs c’est mon papa qui a pris les deux photos suivantes. J’suis pas folle, non plus, ah mais.
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À droite, la vil… euh. À droite, la ville, donc.
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Après ça, on a, en gros, fait un semi marathon dans la ville. 20km de marche dans la journée, en plus de les avoir sentis passer, j’ai eu des courbatures pendant deux jours !
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Maiiiiis ça en valait la peine, dans le genre beau, Oslo ça le fait aussi, et on n’a pas vraiment l’impression de se trouver dans une capitale. Y a des lacs partout, les maisons du même rouge que celles des îles Lofoten, les mêmes églises en bois avec leurs cimetières entièrement verts, juste avec des stèles, et même des cabanes en bois avec de l’herbe en guise de toit !
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Oui. Tout ça, c’était Oslo.

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• 28 juillet – Anniversaire de mon papa départ d’Oslo pour Goteborg
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On quitte la Norvège par bateau pour rejoindre le Danemark. Je savais qu’il nous restait encore près d’un mois de voyage, mais ça sentait déjà la fin…

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