Les Larmes des Fées

Second roman que j’ai eu la chance d’illustrer, Les Larmes des Fées est une trilogie fantasy écrite par Isaline Arcis, une jeune auteure de 24 ans et quelqu’un que j’apprécie beaucoup.

 

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J’avoue avoir eu énormément de mal à me lancer dans la lecture du roman. Pas parce qu’il ne m’attirait pas, au contraire ! j’ai adoré en faire la couverture, le poster, tout. Sans avoir lu l’histoire, juste en me fiant à ce qu’Isaline m’en racontait, je suis tombée amoureuse de l’univers doux et riche qu’elle s’est créé, et c’est précisément pour cela que j’ai retardé ma lecture. J’ai eu peur d’être déçue.
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Car l’auteur m’avait mise en garde : le premier jet de cette saga avait été écrit il y a longtemps, son style avait évolué et, malgré de légères corrections, on sentait toujours cette jeunesse dans la plume, qui n’a pas été remaniée, à son grand regret. Sans compter que la suite n’est carrément pas près de sortir… autant de raisons qui m’ont fait hésiter.
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Puis je me suis lancée.
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Je trouve honnêtement que le résumé n’est pas assez représentatif de ce qu’est l’histoire. Il est même un peu réducteur, car il ne met en avant que la partie « aventure » en éloignant tout le côté humain pourtant si présent, mais comment faire tenir en quelques lignes ce qu’est réellement cette histoire… franchement, je ne sais pas. D’ailleurs je serai bien incapable de te résumer le livre à ma sauce tellement il est dense.
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Retiens juste que c’est l’histoire de Margot, qui fait des rêves bizarres, tellement bizarres qu’ils en viennent à mettre sa vie en danger : elle voit dans ses songes des êtres disparus depuis longtemps, les Fées. Ces créatures blanches et mystiques sont d’ailleurs la clé de toute l’histoire (sans blague ? C’est pour ça que la série porte leur nom ?) et Margot semble être le maillon qui les relie au monde des Humains. Mais c’est aussi l’histoire de Ludia, de Maya, des Lowfs et de nombreuses autres espèces qui entrent en guerre pour des raisons plus complexes qu’il n’y paraît de prime abord et que l’auteur nous fera découvrir…
Une histoire entraînante et intrigante qui promet de nombreuses heures de rêveries, perdus au milieu d’un univers qui n’a pas encore tout livré de ses secrets.
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Je dirais que c’est une excellente histoire de fantasy pour la jeunesse, que j’aurais adoré lire avec quelques années de moins, car je suis sûre alors que j’en serai tombée amoureuse aussi fortement que j’ai aimé la Quête d’Ewilan. J’ai peut-être raté le coche pour cette série, tout comme j’ai raté Tara Duncan. Cela ne m’a pas empêché d’aimer, au contraire ! Juste d’adorer.
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Car, malheureusement, si certains livres jeunesse arrivent tout de même à séduire un public plus âgé, je ne pense pas que ça puisse être le cas avec celui-ci. Il faut un âge précis pour pouvoir être envoûté comme il se doit par les aventures de Margot, et ce pour plusieurs raisons :
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   → La première, c’est que la violence y est modérée, pudique. Pas absente, mais j’y vois une sorte d’introduction au monde « adulte », parfait pour réaliser la transition de jeunes lecteurs depuis les histoires kikinoutes jusqu’aux romans plus explicites (entends par-là « blindés de sang et de sexe et de trucs sales qu’on ne montre généralement pas aux moins de seize ans »). Y étant déjà habituée, les combats manquent pour moi de ce réalisme sanglant des romans qui peuplent aujourd’hui ma bibliothèque. Cette transition est d’ailleurs menée d’une main experte par l’auteur, on sent vraiment le soin qu’elle a mis dans son écriture pour que les choses se fassent progressivement, subtilement, en douceur. Parfois c’est sombre, parfois ça l’est moins et, tout comme Harry Potter, l’héroïne tend à grandir en même temps que les lecteurs, assombrissant et approfondissant l’histoire au fil du temps, pour nous mener aux portes de la dark fantasy.
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  → La seconde c’est que, c’est vrai, on sent la jeunesse de la plume, tant dans le style que dans le déroulement de l’histoire. Les actions s’enchaînent à un rythme effréné, peut-être un peu trop pour moi qui aime les détails. On ne s’ennuie pas du tout, on est tenus en haleine, mais j’aurais adoré que tout soit un peu plus approfondi, qu’on ait droit à de belles réflexions philosophiques sur le monde et ce qu’il devenait, sur les états d’âme des héros. Le livre en contient, mais elles restent survolées, même si elles prennent plus de place au fil des pages. (Et il faut bien l’avouer, si Isaline s’y était plus attardée, on aurait eu une histoire de trente-six tomes !) (ça m’aurait pas déplu mais la pauvre, elle y aurait passé sa vie)
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Mais quand on referme le livre, ce n’est pas le manque d’approfondissement de l’univers qui reste : c’est la frustration.
BORDEL, elle est où la suite ? Elle sort quand, bientôt ? Et c’est quoi cette non-fin ? On a l’impression que des pages ont été arrachées : il manque une conclusion réelle et une introduction au tome prochain, et comme ce goût d’inachevé est dommage !
Bon, je ne suis pas objective : le livre a en effet bel et bien été coupé en deux au dernier moment pour des raisons éditoriales, mais l’auteur n’a apparemment pas eu le temps d’offrir à son roman une vraie belle fin… c’est un peu triste.
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Pour conclure : Les Larmes des Fées est un excellent livre pour les jeunes, écrite par une jeune femme rêveuse il y a de nombreuses années, et c’est la raison pour laquelle toucher un lectorat plus averti risque d’être un peu difficile, mais pas impossible. Personnellement, j’ai apprécié, même si ce n’est pas un coup de coeur tout simplement car j’ai passé l’âge du public cible et ai déjà effectué la transition qu’il tend à faire faire.
Ceci dit, il me semble impossible que ce roman ne plaise pas à son public, à mes yeux il ne peut que les transporter et leur ouvrir l’esprit et l’imagination tellement le monde est riche et pfoulala.
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En fait, mon seul regret est d’être trop vieille et plus si innocente (hinhiiin) pour avoir pu garder un souvenir impérissable de ce livre, et surtout, qu’il n’y ait probablement jamais de suite… comme elle le dit si bien, l’auteur a fait le tour de cet univers pour le moment, elle aurait aimé pouvoir le rendre plus mûr mais, à le traîner depuis des années, elle veut d’abord se ressourcer en écrivant d’autres textes.
Et je la comprends.
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2 réflexions sur “Les Larmes des Fées

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