Génération Écriture, l’association des jeunes auteurs

Des communautés littéraires qui donnent des conseils en écriture, il en existe des tas de très très bien. Des associations sympa et dynamiques qui rassemblent les jeunes auteurs et luttent pour leur reconnaissance ? Beaucoup moins. C’est pourquoi je tenais à vous présenter celle qui a su gagner mon cœur : Génération Écriture.

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Nous sommes près de 20% à écrire en France, d’après le Nouvel Obs, et une grande partie à avoir moins de 25 ans. À l’heure où la jeunesse peine à gagner la confiance des plus âgés, il est difficile pour les jeunes auteurs passionnés de trouver une oreille attentive dans le milieu professionnel, et même tout simplement auprès des adultes, qui ont tendance à prendre l’écriture comme un passe-temps amusant, un peu marginal mais surtout sans réel intérêt. Sans avenir. Ce genre de petit truc mignon auquel on répond « oui oui » quand on nous en parle, en se disant que de toute façon, comme toutes les lubies, ça va passer avec l’âge.

Sauf qu’écrire n’est pas une lubie, n’est-ce pas ?

Qui n’a jamais rêvé d’écrire sa propre histoire ? Qui n’a jamais essayé ? N’a jamais douté, ne s’est jamais heurté au terrifiant syndrome de la page blanche ou à l’indifférence polie de son entourage, si ce n’est à leurs regards bizarres ? Qui n’a jamais souhaité avoir d’autres personnes à qui parler de ses doutes, avec qui échanger des conseils, auprès de qui trouver écoute et soutien ?

Si vous avez répondu « pas moi » à chacune de ces questions, eh bien… sachez qu’on est deux. Qu’on est plein, même, et qu’on n’a pas à rester seul dans notre coin.
Personnellement, rester dans mon coin, ça n’a jamais été mon truc.

Si je cachais mes penchants pour l’écriture quand j’étais au collège, puis au lycée (il n’aurait surtout pas fallu que la fille pseudo-populaire que j’étais perde son semblant de réputation !), je les assume complètement aujourd’hui. J’en ai même fait une force, une particularité dont je suis fière, même si je suis loin de me faire des illusions et de me prendre pour la nouvelle J.K.Rowling.

Assumer ce qu’on est, c’est important. Et je crois bien que je n’y serai jamais parvenue sans l’aide de Génération Écriture. Ou du moins difficilement. Dans très très longtemps.

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Pour remettre dans les choses dans leur contexte, j’ai écrit mon premier roman quand j’étais au collège. C’est à cette époque qu’ont commencé à émerger les blogs, et en particulier Skyrock, la plate-forme destinée aux jeunes de mon âge. En dépit de sa réputation très vite forgée de repaire de gamins, c’est le premier endroit où je suis tombée sur des gens qui postaient ce qu’ils écrivaient, en toute liberté, comme ça, sans complexe, sans avoir peur qu’on les juge. Pour moi, ça a été comme la révélation d’un monde merveilleux qui me permettait d’exprimer les deux facettes de ma personnalité, sans avoir à les confronter. J’ai commencé à poster mes histoires, avec le sentiment étrange de mener une double vie, et ça m’arrangeait bien.

J’ai grandi en publiant mes histoires sur des blogs. Les gens me lisaient, on discutait, j’ai forgé de véritables amitiés qui perdurent depuis de nombreuses années maintenant. Mais le fait est que, quand, gonflée de confiance grâce aux nombreux commentaires de mes lecteurs, j’ai commencé à dire que j’écrivais à mon entourage, je me suis heurtée à ce que je craignais, à ce qui me poussait à me cacher depuis le début : l’indifférence et les remarques décourageantes.

« Ok, cool… mais pourquoi faire ? »
« T’as pas plutôt des devoirs à faire au lieu de traîner sur internet ? »
« Mais euh… on peut en vivre ? »

Inutile de dire à quel point ça m’a soûlée. En plus de ne pas s’intéresser à ce que je racontais dans mes romans, on a tout de suite cherché ce qui pourrait bien être digne d’intérêt dans le fait d’écrire. À l’instar du sport ou de la musique, simplement écrire ne suffisait pas : il fallait, forcément, qu’une telle bizarrerie soit motivée par quelque chose, comme l’argent ou la gloire, par exemple. (spoiler : non)


C’est lors d’une de mes pérégrinations de lien en lien que je suis tombée sur Génération Écriture. Un blog communautaire sur Skyrock, devenu association en 2012, qui montait des tas de projets d’écriture dans le but de rassembler les jeunes auteurs, de les faire participer à des projets sérieux et de plus en plus reconnus par les professionnels et, ainsi, les aider à prendre confiance en eux tout en étant guidés dans leurs démarches littéraires.

Coup de foudre immédiat.

J’ai fouillé leur blog de fond en comble, puis leur site internet, puis leur page facebook et leur forum, et j’ai pu constater l’étendue de leurs projets. Et j’ai été très surprise et impressionnée de constater que des personnes qui écrivent, comme moi, avaient eu la force de créer cette association et d’aller représenter leurs pairs dans le monde réel, de faire face aux éditeurs, aux acteurs du monde littéraire et au grand public afin de leur faire prendre conscience que les jeunes sont là, qu’ils écrivent et qu’ils le font bien, ou du moins avec application.

C’était aussi très rassurant de voir que tout le monde n’avait pas le même rapport à l’écriture que moi. Que tout le monde n’était pas aussi peu confiant que je pouvais l’être, et que nombreux étaient les jeunes qui écrivaient et se foutaient du regard que les autres leur portaient. Peu à peu, j’ai commencé à assumer ma passion et à trouver les mots justes pour l’expliquer à ceux qui ne la comprenaient pas.

De fait, j’ai l’impression d’avoir ouvert les yeux à mon entourage ; lorsque je leur parle de cette association et de ce qu’il font, de combien nous sommes à écrire et à se rassembler autour de ce centre d’intérêt, ils se disent « ah oui, quand même ! » et deviennent soudain bien plus curieux. Comme si ça devenait plus concret.
Avec le recul, je trouve très bête d’avoir voulu me cacher, et je me dis que si je suis capable de trouver les bons mots pour écrire des histoires, je suis capable de trouver ceux pour me faire comprendre. Et ça, c’est quelque chose que je n’aurais peut-être jamais réussi à faire sans le soutien que j’ai trouvé au sein de l’association.

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Mais concrètement, que fait Génération Écriture pour les auteurs ?

Déjà, ils nous écoutent.

Nos idées, nos ambitions, nos angoisses, nos questions… ils sont là et y répondent. Quand je dis « ils », je ne parle pas que du bureau, mais également des autres membres présents sur le forum. Tout le monde s’investit à la hauteur de ce qu’il est capable et a envie de fournir, et ils rivalisent de bonne idées pour faire avancer l’association.

Résultat, les projets foisonnent, tant sur la toile que dans le monde réel. Ils cherchent à donner à chacun une possibilité de s’investir en fonction de ses goûts, sans restriction et c’est pourquoi on trouve des choses aussi diverses que des appels à textes, des défis d’écriture, des rallyes de lecture, des rencontres et débats lors de tables rondes et de salons, des concours pour remporter des livres, un webzine participatif où chacun peut partager son expérience sans complexe ou donner son avis sur ses lectures…

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Parmi les projets phares de l’association, on retrouve par exemple un webzine littéraire participatif, auquel chacun peut apporter sa pierre en s’inscrivant comme rédacteur. C’est un projet offrant un large éventail de responsabilités pour les rédacteurs : écrire son article comme un véritable journaliste, respecter les délais, se corriger, être clair dans ses propos, citer des sources… idéal pour partager ses lectures, ses expériences, son avis sur l’écriture, la lecture et la culture en général. Et si l’on n’a pas (encore) la confiance nécessaire pour rejoindre l’équipe de rédacteur le temps d’un numéro, alors il fera notre bonheur en tant que lecteur qui cherche des conseils, des références ou tout simplement à passer un bon moment. 

Surtout qu’on ne peut pas dire que l’association fasse dans l’élitisme. Avec eux, on peut être fan de Cinquante Nuances de Grey ou d’Émile Zola, être totalement débutant ou avoir dix ans d’expérience, pas de discrimination. Chacun a sa vision de l’écriture et les influences qui vont avec et ils le respectent entièrement, je dirais même qu’ils encouragent cette diversité. Parce qu’il est primordial, dans ce milieu un peu froid où on est facilement exclu, de ne mettre personne à l’écart, de ne pas marginaliser les gens afin qu’ils puissent s’y épanouir. Donc y a pas de raison que moi, ou vous qui me lisez et qui allez faire un tour sur leur site, soyez intimidés par ce que représente la rédaction d’un article.

codexphoto

Pour continuer dans les projets, en 2014 est paru le Codex, un imposant ouvrage numérique rédigé par les membres de l’association, pour les jeunes auteurs. Il regroupe une tonne d’articles documentés sur tous les aspects que peut revêtir l’écriture : grammaire, vocabulaire, création de personnages et d’univers, recherches historiques, conseils sur l’édition, tout y passe, y compris la publication sur internet et ses risques ! Très bien réalisé, pertinent, éclectique et intéressant, avec un design à tomber, il est devenu ma bible dans laquelle je viens piocher les informations qui me manquent. Un travail de titan qui profitera à tout le monde parce que, devinez quoi, il est gratuit ! Et disponible à la lecture ici.

Depuis près de deux ans maintenant, GE chapeaute Détours de mains, un projet d’écriture à plusieurs dont les auteurs volontaires et les bêta-lecteurs ont été choisis parmi les postulants.

Pour ceux qui préfèrent lire, pas de problème, GE met régulièrement en place des concours sur sa page Facebook pour faire gagner des romans en partenariat avec des maisons d’édition, ou des rallyes de lecture permettant de découvrir les perles du net, via l’abécédaire.

Et, pour concrétiser tout ça, GE organise plusieurs fois par an des tables rondes partout en France, afin de permettre aux auteurs de se rencontrer en vrai et de débattre autour de l’écriture pendant plusieurs heures. Ayant participé à plusieurs d’entre elles, je peux vous assurer qu’on repart de cette réunion sur-motivés ! 

Et ça, ce ne sont que les projets les plus connus. Parce qu’à côté, une multitude d’autres événements ponctuels voit le jour, tant sur la toile que dans le monde réel. Appels à textes, concours de nouvelles lors de salons, collecte de livres au profit d’autres associations caritatives, interventions dans les écoles, mise en relation des auteurs du net avec des illustrateurs et des éditeurs, soirées Word Wars sur le forum pendant le NaNoWriMo… Tous leurs projets se trouvent sur leur site.

Pour couronner le tout, la communauté GE est on ne peut plus sympathique et ouverte, prompte à plaisanter et à détendre l’atmosphère si d’aventure vous étiez intimidés. Que vous écriviez de la bit-lit ou des fanfictions, que vous soyez fan de littérature classique ou de chick-lit, que vous ayiez publié votre roman ou que vous souhaitiez juste écrire pour le plaisir sans chercher la publication : tout le monde est au même niveau et le partage d’expériences est le maître mot ! Dans la tolérance, s’il vous plaît. 

Depuis que je les ai découvert, je suis en constante ébullition créative, même sous l’emprise de la page blanche. Quand je n’écris pas, le relis leurs webzines, je me balade sur les blogs et je tente de transmettre leur parole en tâchant de toujours avoir un mot encourageant pour les auteurs que je croise. Parce que la bienveillance, c’est important.

C’est pourquoi si vous aimez l’écriture, la lecture, si vous cherchez des conseils ou si vous en avez à donner, n’hésitez pas à vous pencher sur les activités de cette association, voire à participer à certaines d’entre elles.

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